Entre Make et n8n, le choix ne se joue pas seulement sur les fonctionnalités. Il touche à la façon dont votre équipe veut gérer ses outils : tout déléguer à un SaaS cloud, ou reprendre la main sur son infrastructure.
Ces deux plateformes permettent d’automatiser des workflows sans écrire des milliers de lignes de code. Mais elles s’adressent à des profils bien différents. Make convient aux équipes qui veulent aller vite sans frictions techniques. n8n intéresse celles qui ont un profil technique en interne et qui veulent garder la maîtrise de leurs données et de leurs coûts.
Make : le SaaS qui rend l’automatisation accessible
Make fonctionne entièrement dans le cloud. Pas d’installation, pas de serveur à gérer, pas de mise à jour manuelle. On crée un compte, on construit ses scénarios sur un canvas visuel, et c’est parti.
L’interface par modules est l’un des vrais points forts de Make. Chaque étape d’un workflow s’affiche comme un bloc sur un tableau de bord, avec des connecteurs visuels entre eux. Sur un scénario à 10 étapes, on comprend la logique d’un coup d’œil. C’est aussi ce qui permet à un profil non-technique de construire des automatisations complexes sans se perdre.
Le catalogue d’intégrations tourne autour de 2 000 connecteurs. Moins que Zapier, mais suffisant pour la majorité des usages PME. Pour les outils sans connecteur natif, Make propose un module HTTP/API générique bien conçu.
Tarifs Make : Free (1 000 opérations/mois, 2 scénarios), Core à 10,59 €/mois (10 000 opérations), Pro à 18,82 €/mois, Teams à 34,12 €/mois.
La limite principale : tout passe par les serveurs de Make. Les données transitent par leur infrastructure, ce qui peut poser question selon votre politique de conformité ou la nature des informations manipulées.
n8n : open source, flexible, et potentiellement gratuit
n8n est une plateforme d’automatisation open source. Son code est public, et on peut l’installer sur ses propres serveurs sans payer de licence. C’est le seul outil de cette catégorie qui offre cette option de manière réellement viable.
En pratique, l’auto-hébergement demande un minimum de compétences techniques : installer n8n sur un VPS, gérer les mises à jour, assurer la disponibilité du service. Pour une PME avec un développeur ou un administrateur système, c’est faisable sans trop d’efforts. Pour une équipe sans ce profil, c’est une contrainte réelle.
L’interface de n8n ressemble à celle de Make : un canvas visuel avec des nodes connectés. La logique est comparable, mais n8n va plus loin sur certains aspects, comme la gestion des boucles, des transformations de données et des conditions imbriquées. Les scénarios métier complexes, en particulier ceux qui impliquent des synchronisations CRM à plusieurs niveaux, y trouvent souvent une expression plus propre.
Le catalogue d’intégrations prêtes à l’emploi est moins fourni qu’Make ou Zapier. En contrepartie, n8n est très ouvert sur les appels HTTP personnalisés et les scripts JavaScript intégrés dans les nodes. Pour un développeur, c’est une liberté précieuse.
Tarifs n8n : Self-hosted open source (gratuit, hébergement à votre charge), Cloud Starter à 24 €/mois (2 500 exécutions), Cloud Pro à 60 €/mois (10 000 exécutions), Enterprise sur devis.
Sur la question des données, n8n auto-hébergé permet de garder toutes les informations traitées sur votre propre infrastructure. Aucune donnée ne transit par un tiers. C’est un argument solide pour les PME qui travaillent sur des données sensibles ou qui veulent rester hors de portée du Cloud Act américain.
Tableau comparatif
| Critère | Make | n8n Cloud | n8n Self-hosted |
|---|---|---|---|
| Prix d’entrée | 10,59 €/mois | 24 €/mois | ~5-20 €/mois (hébergement) |
| Volume plan d’entrée | 10 000 opérations | 2 500 exécutions | Illimité |
| Intégrations prêtes | ~2 000 | ~500 | ~500 |
| Interface | Canvas visuel | Canvas visuel | Canvas visuel |
| Compétences requises | Faibles | Moyennes | Moyennes à élevées |
| Données sur votre infra | Non | Non | Oui |
| Open source | Non | Oui (core) | Oui |
| Connecteurs CRM français | Via API / Sellsy | Via API | Via API |
Les différences qui comptent vraiment
La question centrale n’est pas “quel outil est le meilleur” mais “qu’est-ce que votre équipe est capable de gérer”.
Make résout le problème de l’accessibilité. Son interface est cohérente, sa documentation est claire, son support réactif. Pour une PME qui veut des automatisations opérationnelles en quelques jours sans mobiliser de ressources techniques, c’est le bon choix.
n8n répond à d’autres priorités. La maîtrise des données d’abord : si votre activité implique des informations confidentielles (données clients, données de santé, données financières), héberger vos automatisations sur votre propre infrastructure change le niveau de risque. La maîtrise des coûts ensuite : à partir d’un certain volume d’exécutions, n8n self-hosted revient bien moins cher que tout SaaS.
Sur les intégrations CRM, Sellsy, Axonaut et Karlia fonctionnent sur les deux plateformes via leurs API. Make propose une interface plus directe pour configurer ces connexions. n8n demande un peu plus de configuration, mais offre plus de contrôle sur la logique des échanges de données. Les possibilités d’intégration sont détaillées sur notre page dédiée.
À qui s’adresse chaque outil ?
Make est taillé pour les équipes sans profil technique qui veulent automatiser vite : synchronisation CRM, relances automatiques, notifications, mise à jour de fiches contacts. L’onboarding prend une demi-journée, les premiers scénarios tournent dans la semaine.
n8n Cloud s’adresse à des équipes avec au moins un profil technique capable de configurer et maintenir l’outil. Le surcoût par rapport à Make se justifie si vous avez des exigences sur la localisation des données ou des workflows métier très spécifiques.
L’option self-hosted de n8n devient intéressante quand le volume d’exécutions est élevé, quand la politique de l’entreprise exige que les données restent sur votre infrastructure, ou quand vous voulez personnaliser le comportement de l’outil au-delà de ce que permettent les SaaS.
Pour ceux qui hésitent encore entre les options SaaS, le comparatif Make vs Zapier couvre en détail les différences entre les deux plateformes cloud.